Il est temps de rendre visible le travail invisible des femmes dans l’agriculture
En Géorgie, la Pakka Foundation met actuellement en oeuvre le projet « Enhancing Georgia’s Agricultural Competitiveness: Sustainable Hazelnut and Almond Agroforestry in Kakheti and Samegrelo ». Ce projet est financé par l’Austrian Development Agency (ADA) dans le cadre de International Partnerships Austria. Il vise à renforcer la compétitivité et la durabilité des secteurs de la noisette et de l’amande en Géorgie, notamment grâce à une meilleure gestion post-récolte, au renforcement des chaînes de valeur et à la promotion de pratiques agroforestières biologiques et adaptées au climat. L’égalité de genre et l’inclusion sociale constituent des thèmes transversaux essentiels du projet et répondent aux risques liés au genre et aux enjeux sociaux identifiés au niveau local.
Dans les régions de Géorgie où l’on cultive des noisettes et des amandes, les femmes jouent un rôle actif. Elles participent à presque toutes les étapes, de la production à la récolte, puis à la manipulation et à la transformation post-récolte. Leur travail influence directement la qualité des produits et leur accès au marché. Malgré cette contribution importante, les femmes sont encore rarement reconnues comme agricultrices, décideuses ou actrices économiques.
L’accès limité à la terre, aux machines, au financement et à un appui technique adapté restreint davantage les possibilités des femmes. Les responsabilités familiales et les tâches physiques exigeantes après la récolte alourdissent également leur charge de travail. De plus, le manque d’opportunités économiques locales est étroitement lié à la migration des femmes vers l’étranger. Celle-ci devient souvent une stratégie d’adaptation plutôt qu’un choix, révélant l’absence de perspectives professionnelles dignes au niveau local.
Dans le même temps, un potentiel de changement existe. Lorsque les femmes ont accès aux ressources et aux connaissances, elles démontrent de solides compétences techniques et de leadership, particulièrement visibles chez celles impliquées dans la production d’amandes. Investir dans les compétences des femmes, réduire la charge de travail grâce à des technologies appropriées et créer des emplois rémunérés peuvent renforcer à la fois l’égalité de genre et la compétitivité agricole. Le défi ne réside pas dans les capacités, mais dans l’accès.
Les retours du terrain confirment l’importance de programmes agricoles sensibles aux questions de genre. Dans la limite de ses ressources, le projet jouera un rôle important dans l’autonomisation des femmes. Aller au-delà de la simple participation pour parvenir à un véritable renforcement structurel est essentiel afin de construire des chaînes de valeur inclusives, résilientes et durables. Le projet s’engage à promouvoir la participation des femmes dans l’agriculture, car lorsque leur travail est reconnu, soutenu et valorisé, l’agriculture fonctionne mieux pour les ménages, les communautés et les marchés.
Nous remercions ADA, Christian Schober, Gottfried Traxler, Mzevinar Jojua, Giorgi Vasadze, Ashish Kapur, Sopiko Babalashvili et Dorothee Lötscher, en partenariat avec CaucasNuts, tous les agriculteurs et agricultrices ainsi qu'aux collaborateurs et collaboratrices de NCC et Pakka Georgia, qui rendent ce projet possible.

Photo : Lela Gamisonia, productrice de noisettes et membre de l'association de producteurs de noisettes biologiques CaucasNut, Géorgie.

International Partnerships Austria financé par ADA
